« Seule une multitude de voix, une multitude de résistances, une multitude de sommes de désirs de changement, une innombrable somme de bonnes volontés, de volontés de vivre autre chose pourraient changer la face actuelle du monde » [1]
La revue Tapisserie des Mémoires est une invitation trimestrielle à la pensée critique qui s’inscrit dans la continuité des magazines et publications anti- et post-coloniaux tels qu’AWA (1964-1973), la revue du monde noir (1931-1932) des sœurs Nardal, Tropiques (1941-1945) d’Aimé et Suzanne Césaire, parmi tant d’autres. Ces publications étaient non seulement des lieux de conscience intellectuelle mais surtout des leviers d’expression de soi et des sphères de dialogue à l’échelle transnationale et panafricaine.
La Tapisserie des mémoires, fondée en 2025 entre Dakar (Sénégal) et Ottawa (Canada) par Fanny Constantino (artiste, chercheuse et curatrice), est ainsi née d’une volonté de favoriser l’expression artistique et intellectuelle. Et ce, en déconstruisant l’art en tant que simple objet. Dans cette revue, il est surtout question de reconnaître la contribution, le regard et l’usage quotidien qu’en font les femmes au-delà des institutions, des cadres et des discours excluants.
À travers une approche multidisciplinaire, multidimensionnelle et réflexive, cette plateforme cherche à tisser l’art dans le quotidien, à l’entrelacer avec nos rêves et nos souvenirs en tant que femmes africaines et/ou issues des diasporas, et à l’ancrer dans une continuité historique et culturelle.
Elle est surtout une réponse à la surconsommation de l’objet culturel, une invitation à contempler et à laisser résonner en nous les diverses pratiques artistiques.
La revue Tapisserie des Mémoires est ainsi une exploration et une recherche visant à établir un espace partagé, où l’art n’est plus simplement un objet mais un miroir de notre intériorité.
À terme, Tapisserie des Mémoires a pour ambition de devenir un espace de médiation pour la pensée critique sur l’art et la mémoire des femmes africaines et diasporiques.
Ce projet s’inscrit dans une démarche évolutive, visant à :
Créer un réseau de coproduction entre chercheuses, artistes, curatrices et penseuses engagées dans une démarche de transmission culturelle.
Publier des analyses accessibles sur les pratiques artistiques féminines africaines et diasporiques.
Organiser des événements, expositions et discussions autour des thématiques abordées.
Mettre en place des collaborations avec des institutions et archives spécialisées, notamment en lien avec l’héritage de publications post-coloniales.
[1]Thiam, A. (1978). La parole aux négresses. Denoël-Gonthier. p.13